Il y a un plaisir particulier dont je ne me prive pas, c'est celui de farfouiller tranquillement dans les bacs de bouquins qu'on trouve dans les brocantes. Vieux manuels de morale civique, bibliothèque rose, collections de SAS ou de James Hardley Chase (jamais lu mais c'est une véritable institution des vide-greniers)...
Bref, fête au village de Foncine-le-Bas (Jura) cet été, j'achète royalement pour 50 centimes d'euros Le fond du problème de Graham Greene. L'occasion de découvrir la conscience tourmentée de Scobie, un commissaire de police anglais, quinquagénaire, en poste en Sierra Leone pendant la seconde guerre mondiale. Les conditions de vie sont dures, à cause du climat et de la criminalité locale, diffuse. Les colons vivent entre eux et n'ont pas oublié le respect de leurs codes sociaux rigides, made in England. L'épouse de Scobie, Louise, se raccroche à ses lectures pour tenir le coup mais leur vie de couple tourne à l'enfer. Durant l'absence de celle-ci, Scobie tombe amoureux d'une jeune fille, Helen, qui a survécu à un accident de cargot. Cette aventure va compliquer encore un peu plus son existence, qu'il supporte déjà à grand peine! Bref, on se bidonne du début à la fin.
Scobie est un héros qui trouve toute sa dimension morale dans son effort permanent, mais désespéré, pour affronter les entorses plus ou moins graves (infidélité principalement) à ses principes catholiques. Finalement, il se refusera à lui-même le pardon (accordé pourtant par le curé, par sa femme aussi) et en tirera la terrible conclusion qu'on devine... Lâcheté? Courage? A vous de juger.